Guide pratique : recouvrer une créance en zone OHADA
Une créance se recouvre d’autant mieux que l’on agit tôt et dans le bon ordre. Ce guide décrit la démarche prévue par le droit OHADA, dont l’Acte uniforme sur le recouvrement a été révisé et est entré en vigueur dans sa nouvelle version le 16 février 2024.
Mis à jour le
Pour qui ?
Entreprises, commerçants, prestataires et établissements financiers confrontés à un impayé.
Les étapes
Réunir les preuves
Rassemblez le contrat ou le bon de commande, les bons de livraison ou procès-verbaux de réception, les factures, les relances et les éventuelles reconnaissances de dette.
Vérifier la créance
Assurez-vous qu’elle est certaine, liquide et exigible, qu’elle n’est pas prescrite et que le débiteur est correctement identifié (dénomination, siège, RCCM).
Relancer puis mettre en demeure
Après une relance amiable, adressez une mise en demeure écrite, datée, précisant le montant, le fondement et le délai accordé. Elle marque généralement le point de départ des intérêts de retard.
Négocier si le débiteur est de bonne foi
Un échéancier consigné dans un protocole écrit, assorti si possible d’une garantie et d’une clause de déchéance du terme, vaut souvent mieux qu’un long procès.
Saisir le juge
Si la créance est contractuelle ou résulte d’un chèque ou d’un effet de commerce, l’injonction de payer permet d’obtenir rapidement une décision sur requête. À défaut, une assignation au fond ou en référé est envisagée.
Faire exécuter la décision
Muni d’un titre exécutoire, le créancier fait pratiquer les saisies adaptées aux biens du débiteur : comptes bancaires, créances, biens mobiliers, immeubles.
Documents et informations à réunir
- Contrat, devis accepté ou bon de commande
- Preuves de livraison ou d’exécution de la prestation
- Factures et relevé de compte du client
- Échanges écrits avec le débiteur (courriers, courriels, messages)
- Garanties éventuelles : caution, gage, nantissement, hypothèque
- Informations sur les biens et les comptes du débiteur
Points de vigilance
- Laisser passer le délai de prescription en multipliant les relances informelles.
- Engager des frais contre un débiteur manifestement insolvable sans avoir évalué ses actifs.
- Ignorer l’ouverture d’une procédure collective : la créance doit alors être déclarée dans le délai imparti.
- Pratiquer une saisie sans titre ni autorisation, ce qui expose à une mainlevée et à des dommages-intérêts.
- Confondre débiteur et dirigeant : sauf garantie personnelle, c’est la société qui doit.
Questions fréquentes
Une saisie conservatoire peut être autorisée par le juge lorsque la créance paraît fondée dans son principe et que son recouvrement est menacé. Elle doit ensuite être suivie d’une procédure permettant d’obtenir un titre exécutoire.
Le débiteur peut former opposition. L’affaire est alors examinée contradictoirement par la juridiction, après une tentative de conciliation.
Les personnes publiques bénéficient de l’immunité d’exécution : leurs biens ne peuvent pas être saisis. Le nouvel Acte uniforme permet toutefois de demander l’inscription de la créance au budget de la personne publique lorsqu’une mise en demeure est restée sans effet pendant trois mois.
Ces informations sont générales et ne constituent pas une consultation juridique. Chaque situation appelle une analyse particulière : contactez le cabinet avant toute décision.
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Le cabinet peut vérifier votre dossier et vous accompagner à chaque étape.
